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51e édition du 15 au 25 mai 2019

Sarah Maldoror

Principale fondatrice à Paris en 1956 (Avec Samba Ababacar, Toto Bissainthe, Timiti Bassori etc.) de la première compagnie théâtrale noire ” Les Griots “, elle saisit dés la fin des années 50′ l’enjeu de l’audiovisuel pour les luttes de libération et choisit de partir à Moscou en 1961 pour se former au cinéma. A son retour Sarah Maldoror s’installe en Algérie où elle réalise deux ans plus tard son premier film. Cinéaste noire militante de stature internationale, compagne de Mario de Andrade, l’un des leaders du Mouvement Populaire de Libération de l’Angola, dont elle aura deux filles, Sarah Maldoror est engagée dans la lutte de libération. A la fin des années 60′ et au début des années 70′, alors que les guerres d’indépendance font rage dans les colonies portugaises et sont en Occident largement occultées, Sarah Maldoror est seule à parvenir à porter au cinéma la voix des militants africains en lutte. Une voix qui dit : l’ignorance et le mépris de la culture des colonisés, la torture et l’emprisonnement des opposants à la colonisation, l’engagement des femmes, la solidarité humaine face à l’oppression. … ” Monagambée ” (1969, basé sur le roman d’un écrivain angolais alors emprisonné par le pouvoir colonial portugais – premier film de Sarah et qui se voit déjà décerner plusieurs prix dont celui de meilleur réalisateur par le Festival de Carthage), ” Des fusils pour Banta ” (1970, tourné en Guinée Bissau alors que Sarah est elle-même engagée dans le maquis) et ” Sambizanga ” (1972, tourné au Congo sur la guerre de libération de l’Angola, Tanis d’or du Festival de Carthage, Prix de l’Office catholique de Ouagadougou) assoiront la réputation de professionnalisme de Sarah Maldoror et feront d’elle une référence du mouvement militant international. Ses films se caractérisent par une grande subtilité dans le traitement des sujets, par un souffle poétique et par une qualité esthétique constants. Parmi la trentaine de documentaires et films qu’elle a actuellement réalisés, nous retenons sept thèmes majeurs de son oeuvre qu’elle sait éclairer d’un regard ” vu de l’intérieur “, où les femmes comme les hommes peuvent se retrouver: – les guerres africaines contemporaines de libération et la persévérance dans la lutte, – les femmes dans la lutte, – le racisme insidieux et quotidien, – la solidarité entre opprimés, – la répression politique en ” temps de paix ” (pour ceux qui refusent de se soumettre enfermements, internements psychiatriques…), – la lutte via la culture, avec des portraits de Toto Bissainthe, Césaire ou Damas, – la réhabilitation de l’histoire noire et de ses héros, histoire sciemment occultée et distordue par le pouvoir colonial, et qu’il appartient aux colonisés de se réapproprier, (luttes historiques menées contre le système esclavagiste par les descendants d’Africains déportés aux Amériques etc. – film en cours ” Les Révoltés de Matouba “). Sarah Maldoror a au cours de sa carrière été sollicitée et primée par de très nombreux festivals d’Europe, des Amériques et d’Afrique, et invitée à plusieurs reprises par des universités américaines pour y présenter ces films.