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51e édition du 15 au 25 mai 2019

Jean-Claude Labrecque

Jean-Claude Labrecque est un mémorialiste, un témoin privilégié de son temps. Plus que tout autre cinéaste québécois, il s’est consacré à saisir l’actualité pour la transformer en histoire, filmant “La Visite du général de Gaulle au Québec” (1967), les “Jeux de la XXIe Olympiade” (1977) ou créant avec Jean-Pierre Masse un événement lui permettant de capter en une vivante anthologie la parole des poètes québécois : c’est “La Nuit de la poésie” 27 mars 1970, qui sera suivie de “La Nuit de la poésie” 28 mars 1980 et de “La Nuit de la poésie” 15 mars 1991. Mais cette façon qu’a Labrecque de considérer le cinéma comme un véhicule de l’histoire se manifeste aussi à travers une série de documentaires sur des moments marquants du passé ou sur des personnages d’envergure. Ainsi, le cinéaste filme “L’Histoire des trois” (1989) – sur un trio d’étudiants qui, en 1958, assiègent le bureau de Maurice Duplessis pour obtenir l’instruction gratuite, “67 bis, boulevard Lannes” (1990) – sur la rencontre déterminante entre Claude Léveillée et Édith Piaf, ou encore “André Mathieu, musicien” (1993), “L’Aventure des Compagnons de Saint-Laurent” (1995) et “Anticosti au temps des Menier” (1999). Cinéaste de fiction, Labrecque reste fidèle à ses préoccupations historiques. “Les Smattes” (1972) et “L’Affaire Coffin” (1979) s’inspirent de faits divers authentiques, “Les Vautours” (1975) et “Les Années de rêves” (1984) inscrivent le destin d’un personnage – Louis Pelletier, sorte d’alter ego du cinéaste – dans le mouvement de l’histoire récente du Québec. Mais on ne peut parler de Jean-Claude Labrecque, chef opérateur de tous ses documentaires, sans insister sur son art de la caméra. Avant d’être réalisateur, il était déjà l’un des meilleurs caméramen du jeune cinéma québécois des années soixante. Dans sa filmographie d’alors, qui compte “À tout prendre”, “Le Chat dans le sac”, “The Ernie Game” et “La Vie heureuse de Leopold Z.”, il affirme déjà un style marqué par l’acuité du regard et la souplesse de la caméra. Et même s’il réalisera par la suite une quarantaine de films et trois téléséries, il ne cessera jamais de faire la direction de photo et d’épauler la caméra, notamment pour Michel Moreau (“Les Trois Montréal de Michel Tremblay” ; “Une enfance à Natashquan”), Fernand Dansereau (“De l’autre côté de la lune”) et Bernard Émond (“Le Temps et le Lieu” ; “La Femme qui boit”).