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50e édition du 9 au 19 mai 2018

Andrzej Wajda

Né d’un père militaire de carrière et d’une mère institutrice, Andrzej Wajda n’a que treize ans lorsque la seconde guerre mondiale éclate. Son père est tué au combat dès septembre 1939 et le jeune Andrzej Wajda est contraint de se mettre au travail pour subvenir aux besoins de sa famille. Il est tonnelier, serrurier, restaurateur de fresques etc. En 1942, il prend part à la Résistance et s’oppose au communisme. A la fin de ses études classiques en 1946, il s’inscrit à l’Académie des Beaux-arts de Cracovie ou il fonde, avec le peintre Andrzej Wroblewki, le Groupe des autodictacts, un mouvement influencé par le néoréalisme. Il étudie ensuite le cinéma, à l’université de Lodz d’où il sort diplômé en 1952. Génération, son premier long-métrage, est réalisé deux ans plus tard. Pour Roman Polanski, qui joua un petit rôle dans le film, “tout le cinéma polonais est parti de là”. Wajda enchaîne avec Ils aimaient la vie, lequel évoque l’insurrection de Varsovie de 1945. Le film fait sensation à Cannes (Prix spécial du Jury et Palme d’Argent), ou il est présenté en 1957. Son troisième long-métrage, Cendres et Diamant lui vaut une consécration internationale après sa présentation au XXème festival de Venise en 1959 (Prix FIPRESCI). A travers ces trois films, Wajda illustre l’histoire polonaise et, en particulier la guerre telle qu’il l’a connu. Son cinéma bouscule les tabous de l’époque : l’inaction soviétique lors de l’insurrection de Varsovie (Ils aimaient la vie), l’antisémitisme polonais (Samson, 1961), le divorce qui se creuse alors entre les générations (L’Amour à 20 ans, 1962). Acteur majeur du cinéma polonais des années 60, Zbigniew Cybulski meurt accidentellement en 1967. Andrzej Wajda, qui avait tourné trois films avec celui qu’il comparait au Jean Gabin des années 30, lui rend hommage dans Tout est à vendre en 1969. Jusqu’au Noces (1973), le cinéma de Wajda, entre absurdité et dérision, s’attache à démythifier la Pologne. Ses films remettent en cause l’héroïsme édicté par le réalisme socialiste et comportent au contraire une dimension tragique. Wajda prend également en compte le destin collectif des polonais. Un tournant intervient en 1975 avec La Terre de la grande promesse (nominé aux Oscars). Andrzej Wajda s’intéresse en primauté à l’individu et à sa solitude intrinsèque. L’Homme de marbre, suivi de L’Homme de fer s’inscrivent immédiatement comme parmi les films majeurs de Wajda. L’Homme de fer remportera même la Palme d’Or en 1981. Le cinéaste y défend, contre le pouvoir communiste en place, les thèses de Solidarités, fédération de syndicats polonais dirigée à l’origine par Lech Walesa. A partir du début des années 80, Wajda commence à travailler à l’étranger, la situation politique de la Pologne le privant de sa nécessaire indépendance artistique. Il tourne d’abord Danton en France avec Gérard Depardieu (1982), puis Un amour en Allemagne avec Hanna Schygulla ? l’ex-égérie de Fassbinder – en RFA (1983). Son ambitieuse adaptation des Possédés, d’après Dostoievski et avec Isabelle Huppert, est un échec (1987). De plus en plus, Wajda peine à séduire le public. Il renoue néanmoins avec un certain succès grâce à Pan Tadeusz en 2000. La même année, Andrzej Wajda reçoit un Oscar d’honneur pour l’ensemble de sa carrière. Le cinéaste signe ensuite La Vengeance (2002) puis, en 2007, Katyn un drame très personnel autour du massacre de Katyn perpétré durant la seconde guerre mondiale, et dédié à la mémoire de ses parents.