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51e édition du 15 au 25 mai 2019

O Thiassos

Quinzaine 1975, Long métrage, 3h50

Synopsis

Mon point de départ était une troupe de théâtre qui fait une tournée en province, un long voyage dans l’espace grec et dans l’histoire fort bouleversée de la Grèce entre 1939 et 1952. Puis peu à peu d’autres éléments sont venus se greffer à cette idée de base, notamment une transposition des rapports des personnages du mythes des Atrides.
On avait donc une structure donnée – père, mère, fils, filles, amant… le pouvoir… les meurtres – qui fonctionne aussi bien comme mythe que comme histoire concrète. Comme je n’avais pas l’ambition de faire un traité d’histoire, le mythe des Atrides m’a permis d’envisager cette troupe théâtrale comme une cellule et de pouvoir à travers elle jeter un regard sur toute cette période historique.
D’un autre côté, ayant avec mon précédent film « Jours de 36 » décrit l’avènement d’une dictature – d’une dictature avouée – je considérais « Le Voyage des Comédiens » comme son prolongement direct où, démarrant sur une dictature qui s’affirmait comme telle, j’aboutissais en 1952, date qui signifie pour moi la fin de la guerre civile et le triomphe de la droite, à la dictature non avouée d’un maréchal, le maréchal Papagos, en qui la majorité des Grecs fut contrainte à voir un libérateur.
La pièce que joue la troupe de village en village, « Golfo la Bergère » fonctionne à de multiples niveaux : c’est d’abord le gagne-pain de la troupe, c’est aussi une conception de l’art théâtral, c’est enfin un « texte » comme d’ailleurs le mythe des Atrides. Mais comme texte, il est constamment violé, jamais achevé, toujours interrompu par l’irruption de la scène historique.
Théo ANGELOPOULOS
Extraits d’une interview dans « Synchronos Kinimatographos » n°1

Réalisateur

Théo Angelopoulos

Après des études de droit dans sa Grèce natale, Theo Angelopoulos passe l’année 1962 à Paris, étudiant successivement à la Sorbonne et à l’IDHEC. De retour à Athènes, il est critique cinématographique au quotidien “Avgi” jusqu’au coup d’État des Colonels du 21 avril 1967. Après le court-métrage “Ekpombí”, Théo Angelopoulos réalise en 1970 son premier long, “La Reconstitution”, Grand prix du Festival de Salonique. Le cinéaste se penche ensuite sur l’histoire de son pays avec une trilogie débutée en 1972 par “Jours de 36”, poursuivie trois ans plus tard avec “Le Voyage des comédiens” puis achevée en 1977 par “Les Chasseurs”. Les oeuvres de Théo Angelopoulos, contemplatives, sont exigeantes et déroutantes pour le grand public. Alexandre le Grand, qui relate le parcours d’un brigand grec, remporte le Lion d’or à Venise en 1980. Un autre Lion, d’argent cette fois, revient en 1988 à son Paysage dans le brouillard. Dans les années 90, le travail de Théo Angelopoulos est reconnu au plus haut niveau. Trois ans après que Le Regard d’Ulysse a remporté le Grand Prix du Festival de Cannes, le cinéaste voit son Éternité et un jour obtenir la Palme d’Or en 1998. Il fait alors une pause dans son parcours et revient en 2004 avec Eléni, premier volet d’une trilogie sur le XXe siècle par le prisme d’une histoire d’amour.

Alekos Boubis
Aliki Georgouli
Eva Kotamanidou
Kyriahos Katrivanos
Maria Vassiliou
Nina Papazaphiropoulou
Petros Zarkadis
Stratos Pachis
Vangelis Kazan
Yannis Firios

Scénario
Théodore Angelopoulos

Image
Georges Arvanitis

Production : PAPALIOS PRODUCTIONS

Titre VO : Le Voyage Des Comédiens

Récompenses

Prix FIPRESCI