Guerra Conjugal

Joaquim Pedro De Andrade
 

Synopsis

GUERRA CONJUGAL met en scène quelques chroniques de psychopathologie amoureuse, au temps de la civilisation du « complet cravate ». Une sort de mythologie particulière commence à naître, dans la ville de Curitiba, qui pourrait être à la fois n’importe où et partout, et où pourrait aussi bien pousser des fleurs en matière plastique ou surgir des éléphants roses en porcelaine – n’importe quand.

Là, un avocat galant d’âge moyen et d’un comportement si anachronique qu’il en devient intemporel, se révèle incapable de résister à l’appel érotique des petits souliers de jeunes filles, des robes révélatrices ou des vêtements de deuil de belles veuves, et se montre encore plus sensible aux beaux yeux cernés, et même à une certaine décadence physique.

Là aussi, un jeune homme assez sinistre encor eque timide et fragile, découvre sa personnalité cruelle de vampire urbain, qu’on pouvait déjà deviner sous ses costumes stricts et ses cravates assorties, qui cachaient son corps comme un cercueil de seconde classe.

Là enfin, un vieux couple abject partage chaque nuit le mêm grand lit de bois noir, où Dieu nous préserve de jamais nous y coucher pour y dormir.

La servitude domestique, les baisers épouvantables, les varices, l’artériosclérose, les bruits dérisoires émis par les bouches, l’érotisme de cuisine, la concupiscence sénile, les paires de gifles, le délire de la chair en pleurs; l’engrenage du lit, le voyeurisme nécrophile, la sinistre décoration des appartements, la mise en doute du sexe l’asthme, et même la victoire terminale de la prostitution sur la vieillesse finissent par indiquer la possibilité d’une rédemption par excès de péché…

Joachim Pedro DE ANDRADE

Quinzaine des Réalisateurs 1975

Long métrage, 1h30
 

Réalisation

 
 

Joaquim Pedro De Andrade

Joaquim Pedro de Andrade, fils de Rodrigo Melo Franco de Andrade, fondateur de l’Institut du patrimoine historique et artistique national, et de Graciema Prates de Sá, naît en 1932 à Rio de Janeiro, au Brésil, où il passe son enfance, ainsi que dans la région de Minas Gerais, côtoyant les plus grands intellectuels de l’époque. En 1950, il commence des études de physique à la Faculté nationale de philosophie de Rio, où il fréquente un ciné-club (le Centro de Estudos Cinematográficos) dirigé par Saulo Pereira de Melo et Mário Haroldo Martins.

Il sera véritablement initié au cinéma par son professeur de mécanique analytique, Plínio Sussekind Rocha, fondateur du Chaplin Club. Durant cette période il écrit dans un journal universitaire et fait ses premières expériences cinématographiques en amateur. Parallèlement, il rencontre Sarah de Castro Barbosa, qui deviendra sa première épouse. Il fait l’acteur dans Les Thibault de Saulo Pereira de Melo et il est assistant-réalisateur sur le court métrage Caminhos de Paulo César Saraceni. Il abandonne définitivement la physique en 1957 pour se consacrer entièrement au cinéma.

Il débute dans la réalisation avec les courts métrages « O poeta do castelo » et « O mestre de Apipucos », financés par l’Institut national du livre brésilien. Les films montrent des instants de la vie intime de deux artistes âgés : le poète Manuel Bandeira, que de Andrade connaît depuis l’enfance, et le sociologue Gilberto Freyre. En 1960, il tourne le court métrage « Peau de chat » dans les rues de Rio avec des comédiens amateurs. En 1963, il réalise son premier long métrage, « Garrincha, alegria do povo », documentaire sur un footballeur très populaire du moment, Manoel Francisco dos Santos. Puis, après avoir créé la société de production Filmes do Serro, il aborde la fiction avec « Le Prêtre et la jeune femme » en 1965.

En 1969, il est emprisonné quelques jours par la dictature militaire au pouvoir au Brésil, puis débute le tournage de ce qui sera son plus grand succès critique, « Macunaíma ». En 1976, il se remarie avec l’actrice Cristina Aché, qu’il dirigera dans « Guerre conjugale » et « Sentier tropical ». Il est le père de l’actrice Maria Flor. Il meurt d’un cancer du poumon, le 10 septembre 1988, à 56 ans, au moment où il prépare l’adaptation du livre de Gilberto Freyre, Casa grande e senzala.

 

Autres informations

Scénario

Anisio Medeiros, Dalton Trevisan

Image

Pedro de Moraes

Informations professionnelles

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