Faustrecht Der Freiheit

Rainer Werner Fassbinder
 

Synopsis

…Si l’on veut, c’est une conspiration. Pas une conspiration au sens où des gens se liguent contre quelqu’un, on pourrait dire qu’il s’agit du triomphe de « la raison du capital ». Ce n’est pas une cation concernée, mais c’est ce qui se produit pratiquement dans la vie quotidienne…

À mon avis, le fait qu’il s’agisse d’une histoire de pédéraste, c’est fortuit et on s’en fout. L’histoire pourrait tout aussi bien avoir lieu avec d’autres gens. Mais je pense qu’au contraire les gens sont plus attentifs que s’il s’agissait seulement d’une « histoire d’amour normale », car l’aspect mélodramatique dans ce cas serait vraiment plus fort.

Je crois qu’à partir d’un certain moment, les gens ne se rendent même plus compte qu’ils sont pédérastes. Mais ensuite ils se poseront la question : qu’est-ce qu’on nous a montré en fin de compte ? Nous avons vu une histoire qui se passe chez des gens qui sont pour nous des anormaux. On se sent déconcerté, l’effet de choc fait qu’on voit toute l’histoire autrement…

La seule raison pour laquelle j’ai joué dans ce rôle, c’est pour dire : je m’identifie aux personnages.

Extrait interview de Rainer Werner FASSBINDER

Quinzaine des Réalisateurs 1975

Long métrage, 2h03
Titre VO: Le droit du plus fort
 

Réalisation

 
 

Rainer Werner Fassbinder

De 1966 à sa mort en 1982 à l’âge de 37 ans, Fassbinder a réalisé 44 films pour le cinéma et la télévision (le premier court métrage est perdu). Également homme de théâtre, dramaturge, acteur et metteur en scène, il a réuni au sein de l’Action-Theater puis de l’antiteater une troupe de comédiens et de techniciens qui ont fidèlement travaillé avec lui, sur scène et au cinéma : Hanna Schygulla, Ingrid Caven, Margit Carstensen, Irm Hermann, Harry Baer, Kurt Raab, Ulli Lommel, Günther Kaufmann… Travailleur acharné, Fassbinder s’est imposé au cours de ces 16 années comme la principale figure du Nouveau Cinéma Allemand – Langlois disait qu’« avec Fassbinder, le cinéma allemand de l’après-guerre est né ». Et en effet, il a essentiellement mis en scène l’histoire de son pays : sagas, fresques et mélodrames sur l’Allemagne au XIXe et au XXe siècles, portraits sans fard du sort réservé aux minorités et aux plus démunis, réflexions à chaud sur le terrorisme qui frappait la R.F.A. dans les années 70. En-deçà de l’histoire allemande, Fassbinder a extrait et filmé la constance d’une nature humaine qui se nourrit d’injustices : les rapports dominant/dominé sur lesquels repose la société mais aussi le désir entre individus (y compris du même sexe), l’oppression et le chantage exercés par l’autre. Témoin d’une lucidité incommodante sur les hommes et leur commerce, il a beaucoup choqué. Mais c’est précisément de cette clairvoyance alliée à une force de travail hors du commun que sont nés tant de films d’une inventivité et d’une liberté formelles inédites.

portrait Rainer Werner Fassbinder
  Rainer Werner Fassbinder
 

Autres informations

Scénario

Rainer Werner Fassbinder

Image

Michael Ballhaus

Informations professionnelles

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